Christine Lebrasseur

"Elle sait... C'est Elle"

23 novembre 2005

Poème minute....

chapitre 143

Poème minute....

Ames errantes
De mes attentes
Perce le voile
De rude toile....

Cadavres exquis
La mort sourit
Des mots écrits
Silence et cris...

Miroir sans tain
Sourire éteint
Se tend la main
Regard de rien...

Les limbes doux
Serein courroux
Oubli de l'ire
Nul heurt à lire...

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21 novembre 2005

A mes souhaits…

A mes souhaits…

Si les pensées essaiment
Autant que des secrets
Laissons les s’envoler
Vers les temples dédiés…

Habillons chaque bouche
D’un sourire rêvé
Glané sur quelques souches
De songes enlacés…

Que d’un regard sans tain
Jaillisse un lendemain
Et que de nos deux mains
Naissent détours sans fin…

Que le terme ne soit
Plus que trace de soi
Et que s’ouvre déjà
Les allées au-delà…

Cueillons les feuilles lasses
Des trottoirs qui trépassent
Et offrons un peut-être
Aux yeux des fleurs de « être »…

Récoltons le serein
Il naît de droit divin…

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16 novembre 2005

Esquif...

… Alors quand la mer gronde, et que la pluie dissimule l’horizon, le marin esseulé doit seul faire face au vent. La houle est amère et les embruns acides, mais il est né survivant et guide, seul le fanal sur les récifs peut le mener Lui… Il cible la pale lueur de nuit et décide d’en faire le sens de sa vie, sa route en somme… Survivre à la pénombre et aux vents pour qu’au prochain jour né, le soleil soit sa gloire, et la lune son passé… Il manœuvre face aux vagues, sans crainte, sur de son objectif !

Il n’a nulle peur, nulle hargne, juste l’étrange sérénité de savoir qu’il a choisi le bon cap. Il frôle les rochers saillants affleurant près de la cote, il reste sourd aux cris stridents des vents, amarre son corps frêle à la barre, pour ne faire qu’un avec son embarcation, et il avance… Il souffre, il gémit mais ne se plaint jamais. A quoi bon d’ailleurs… ? Seul son fragile esquif pourrait donner écho à ses doutes et ses douleurs, mais lui-même est inerte, seul capable d’être conduit, dirigé, manié… et quand bien même il le pourrait, il ne mènerait pas cette bataille à la place du Capitaine… Il est navire, pas marin… à chacun son destin…

Epuisé, malmené, battu par les vents, lessivé et rongé par l’écume il aperçoit enfin à la proue l’étincelle de vie, celle qui ne s’éteint jamais… Il ferme les yeux un instant, reconnaissant, heureux, soulagé, goûtant le moment…vivant il va revoir son port ! Ses attaches ! Larguer ses amarres lassées !...

Et le voilier désorienté
Sur les rochers vient s’écraser…

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14 novembre 2005

Breath…

Breath…

…Alors dans un sourire
Elle se prit au pire
Et pour ne pas mourir
Il lui souffla « Respire…

Ressens ce qui te blesse
Tout au bout de ta laisse
Accorde une caresse
Au fond de ta détresse…

Puis laisse son envol
Au soupir qui décolle
Dans une course folle
Enfin quitte le sol…

L’air nouveau exhalé
Le souffle éthéré
Tu sauras inspirer
Les parfums décalés…

Approche et couche toi
Suis le bout de mes doigts
Voila… tu es à moi…

Je te sens bel abysse
Tu es ma frêle esquisse…


"Tous ceux qui respire le bonheur doivent un jour ou l'autre l'expirer."
(Nancy Tétreault)

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11 novembre 2005

Rai ténu…

Rai ténu…

O Hécate tu meurs
C’est fini il est l’heure
La lune a pali
Devant l’aube a failli.
C’est au premier rayon
Que l’astre d’horizon
A chassé la pénombre
Et donné vie aux ombres.
Ô elle a mal c’est vrai
Mais pas par fatuité
De ne se voir briller
Que de lumière née
De son halo doré…
Elle aimait tant le noir
Qu’elle le goûtait sans fard
Et amenait à elle
Les âmes les plus belles
Mais la nuit est finie…
Et Hécate a péri
Les Parques l’ont saisie
L’écheveau ont détruit
Nul fil ne relit plus
La lune au rai ténu…


Décembre 2004

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25 octobre 2005

Stries denses…

Stries denses…

Rattrapé par les cris des nombreux puits sans fond
Le démon tourne et rage plus que de raison.
Les oreilles aux aguets des esprits des tréfonds
Elle cherche à se terrer pour garder la raison…

C’est une mélopée tremblante et affamée
De l’écoute de qui saura l’interpréter
Elle s’insinue mortelle et amalgamée
Aux résonances sourdes en tympans tourmentés…

La bête a beau cacher ses conduits auditifs
Le chant strident s’infiltre, acouphène rétif
Et lorsque pantelant et vaincu l’animal
Ferme les yeux trahi, terrassé par le mal

Le silence se fait… repue pour cette nuit
La rage retourne dormir au fond du puit…

Décembre 2004

Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde.
(Charles Baudelaire)

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24 octobre 2005

Adoubé…

Adoubé…

Elle hantait si tard les couloirs du château
Que chaque nuit les murs en renvoyaient l’écho
La Dame blanche enluminait de ses anneaux
Des donjons la noirceur et des douves les eaux…

Un triste gentilhomme qui aimait les mots
Un soir de pleine lune lui confia ses maux
Et la belle éthérée auréolée d’halo
Sécha les larmes douces et en tarit le flot…

Pour la remercier, à chaque mois nouveau
Il attendit le noir près des fonds baptismaux
Et le  rayon sélène perçant les vitraux
Il s’agenouilla louant sa Dame d’ô…

Décembre 2004

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23 octobre 2005

NocturneS…

NocturneS…

Lorsque le doute est las de chercher la réponse
Dans les tréfonds maudits plantés de basses ronces
Lorsque les déchirures vives sont bleuies
Par la pénombre aride et froide de la nuit

Elle fuit…

Lorsque les sentiments ne sont plus qu’écorchures
Pantelantes, fanées sur les mornes ramures
Lorsque l’étreinte agrippe les affres de l’ennui
Et que rien ne bat plus autrement que sans bruit

Elle fuit…

Lorsque son cœur explose de rires complices
Dévorant d’un regard avide mes délices
Lorsque ses lèvres cachent un sourire d’envie
Affamé de baisers, s’offrant déjà séduit

Elle vit…

Lorsque l’aurore est si douce qu’elle s’irise
Des couleurs dérobées au soleil qui se brise
Lorsque le noir manteau de la lune qui luit
Recèle les variations déesses enfouies

Elle vit…

Et lorsque chaque rime est un lien de baptême
Arraché à la raison et ses anathèmes
Lorsque chaque portée s’écoule en poème
Et que le jour n’est plus qu’un épiphénomène

Elle aime…

« La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l'on soit sage avec sobriété »
(Molière – le Misanthrope)

Décembre 2004

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20 octobre 2005

Fil…

Fil…

La lumière était belle et la pénombre douce
Alors qu’Elle autorisait l’anneau à son pouce
Etonnée et émue de son sourire plein
Elle lui avait abandonné enfin Sa main…

Enserrée dans l’écrin de ses doigts désireux
Elle ne l’avait jamais senti si heureux
Totalement enchaîné à ses désirs pieux
Douleurs en ses genoux caressent ses cheveux…

Drapé de Son aura, il a rejoint la nuit
Le visage éclairé des flambeaux éblouis
Et dans l’empressement des bonheurs aboutis
Il laissa s’avérer Son plus simple interdit…

Puni de son silence, à l’aube et pour un jour
Il devra méditer les sacrifices pour,
Funambule lunaire de Ses paradoxes
Avoir voulu goûter aux joies des équinoxes…

Décembre 2004.

« Le chemin des paradoxes est le chemin du vrai. Pour éprouver la réalité, il faut la voir sur la corde raide. » (Oscar Wilde)

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19 octobre 2005

Pleins et déliés…

Pleins et déliés…

Donner… Pourquoi ? Comment ? Quand le récipiendaire
Ne vous demande rien que de goûter à l’air
Et aux dons du présent, de puiser dans l’instant
Ce qui relie deux arbres et les maintient vivants…

Se sentir libéré de tout engagement
Pour pouvoir égarer la reine des tourments
Ces feuilles enchaînées du passé au présent
Et plonger ses racines droit vers l’océan….

décembre 2004

« Pourquoi donc avons-nous des pieds et non des racines, si nous sommes fixés comme de misérables plantes à un point que nous ne pouvons quitter ? » (Victor Hugo)

Posté par Chris_ à 23:20 - Emois d'antan - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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